Les difficultés à résoudre

1. Portage/progression

La première difficulté, évidente compte tenu des distances à parcourir et de notre volonté de rester autonome est le portage de nos vivres, de notre matériel.

Le problème à résoudre est le suivant :

- Distances à parcourir en autonomie :

Phase 1 : Ust Nera-Sasyr : 250 km. portage à cheval. Durée estimée : 6 jours.

Phase 2 : Sasyr-Pobeda-Sasyr : 70 km, 2500 m de dénivelée : portage à pied : 6 jours

Phase 3 : Sasyr-Khoonu : 200 km, canoë + portage à pied : 10 jours

- Poids estimé par équipier :

. Camping, affaires personnelles, etc : 13 kg

. Alpinisme  (piolets, crampons, corde, etc.): 6 kg

. Canoë (2 x 17kg au total): 11 kg/personne

. Vivres à porter :

- Phase 1 et 3 : 500 g/jour/personne

- Phase 2 (Haute Montagne) : 700 g/jour/personne


On arrive ainsi aux solutions suivantes :

. Phase 1 : Ust Nera-Sasyr : 34kg/Personne. Cette charge impose l'emploi de porteurs (1/équipier) et/ou de chevaux (2 chevaux pour le seul portage)

. Phase 2 : Haute Montagne. Les canoës sont laissés à Sasyr. 22 kg/personne. Nous verrons à Sasyr s'il est possible de s'adjoindre l'aide d'un ou deux porteurs pour la marche d'approche (deux jours) ou cheval…

. Phase 3 : Pas de problème pour la descente en canoë (charge maximum = 250 kg). Portage de 34 kg/personne sur le Permafrost (chevaux ou brancards « indiens »)

 

2. Alimentation

Il est impossible, sans support logistique important (nombreux porteurs, chevaux, etc.), de porter toutes les vivres nécessaires au déroulement de l'expédition. Nous recourrons ainsi aux moyens suivants :

- Pêche et trappe pour les parties trekking et rivière afin de diminuer par deux les vivres à porter. Nous emporterons ainsi une canne à pêche mais surtout un filet.

- Utilisation de farine et d'huile (900 cal/litre) pour pouvoir faire des « basmatis » avec les herbes locales (berces, etc.)

- Nourriture lyophilisée pour la partie haute montagne (Sasyr-Pobeda-Sasyr)

- Achat de vivres à Sasyr (renne et poisson séché essentiellement)



 

3. Éloignement

Une complication évidente en cas de blessure, d'imprévu. Nous serons, en effet parfois à plus de 5 jours de marche du premier lieu habité et à plus de dix jours d'une piste d'atterrissage. Outre la prudence indispensable (interdiction de se faire mal !) nous prendrons un téléphone-satellite et resterons en liaison journalière avec un correspondant à Ust Nera afin de donner notre position, à l'aide du GPS (doublé) et d'obtenir des données météorologiques. Ce correspondant sera en contact avec un hélicoptère, basé à Ust Nera, utilisé par les géologues russes.


 

4. Alpinisme

Afin de traverser les Monts Tcheskis, de faire l'ascension du Pobeda et des sommets annexes nous utiliserons l'ensemble des techniques alpines: traversées glaciaires en zones crevassées, couloirs en neige dure, en mixte, escalade. Compte tenu de l'engagement (éloignement), du poids des sacs, de l'absence de porteurs d'altitude, nous nous limiterons cependant à des ascensions de niveau D.


 

5. Traversée de Rivières

La région est traversée par de très nombreuses rivières, dont certaines larges et profondes. La traversée de celles-ci représente un danger certain. Nous utiliserons les techniques que nous ont appris des guides de haute montagne spécialistes des expéditions en Himalaya et en Asie Centrale : passages groupés, corde « téléphérique » en diagonale, utilisation de chevaux et éventuellement passage avec les canoës.


 

 

6. Météo

Malgré l'immensité du territoire, le climat de la Russie est relativement homogène d'une région à l'autre : c'est un climat continental avec des étés doux et de courte durée, des hivers froids et de plus en plus longs et rigoureux en allant vers l'est de la Sibérie.

 

7. Les grosses et le petites bêtes

Les ours représentent un danger évident. Nous serons équipés de moyens de protection (fusées anti-ours) achetés à Ust Nera. Naturellement, pour la partie « trekking extrême », l'éleveur qui nous accompagnera sera armé. Tous les soirs, les vivres ainsi que les sacs à dos, seront mis à l'abri, en hauteur. Sinon, nous serons réduits à monter des tours de garde. Ces mesures de protection devraient nous éviter tout problème avec les loups, nombreux en Sibérie Orientale.

Les moustiques, les taons et les mouches noires devraient nous poser encore plus de problèmes. La région avec ses rivières lentes, ses lacs (Buyunga, etc.) comporte de nombreux zones marécageuses favorables au développement de ces insectes. Ceux-ci ne supportent pas les températures négatives. En planifiant l'expédition au mois d'août, nous devrions bénéficier d'une accalmie, après le 15 août, lors de la descente de la Moma (et naturellement en haute montagne). Pour la première partie de Ust-Nera à Sasyr, nous ne pourrons les éviter qu'aux moyens de filets anti-moustiques ajustés sur des chapeaux à large bord et de produits (Autan) pour les mains et les chevilles.


 

8. Langue

L'anglais et l'allemand que nous pratiquons couramment, pourront être utiles, notamment pour les vacations téléphoniques quotidiennes. Cependant, nous devrons acquérir les bases nécessaires de russe pour pouvoir communiquer en cas d'urgence.


 

9. Les cartes

Il est facile de se procurer des cartes au 1:500 000 de la Yakoutie. Cette échelle est naturellement impropre à une expédition de ce type. A Yakoutsk, il est possible de se procurer des anciennes cartes militaires au 1:300 000, ce qui est un progrès mais largement insuffisant. Nous avons pris contact avec l'Armée française et avec un explorateur Tchèque et avons pu nous procurer des cartes (voir pages suivantes).

 

10. Le temps

Nous devons pouvoir « boucler » cette expédition en moins de 30 jours, durée du visa touriste en Russie. Cela est loin d'être évident, et nous n'aurons pas beaucoup de marge pour rattraper des jours perdus pour cause de mauvaise météo. En cas de retard, nous pourrons demander aux Evènes de Sasyr de nous mener à Khoonu à l'aide de leurs barges motorisées à fond plat.


 

11. Les autorisations

Voyager en Sibérie Orientale nécessite quelques démarches administratives. Le visa, tout d'abord. Une lettre d'invitation est nécessaire. Nous pourrons l'obtenir au travers d'agences réceptives russes coopérant avec des agences de trekking françaises (ex : Taïga et Toundra). Nous devrons aussi apporter des preuves du financement de notre expédition : copie de nos billets de retour, etc. Le vol Khoonu-Yakoutsk.

Avant notre départ, nous contacterons les autorités locales à Ust Nera pour les informer de notre projet.


 

12. Le financement…. Naturellement



11-03-2008 | 855 vues

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